Philippe AYRAULT

La vie vient se replacer sur la mort ; elle fait pousser l’herbe dans les crânes pétrifiés et, sur la pierre où l’un de nous a sculpté son rêve, réapparaît l’Éternité du Principe dans chaque floraison des ravenelles jaunes. Il m’est doux de songer que je servirai un jour à faire croître des tulipes. Qui sait ! l’arbre au pied duquel on me mettra donnera peut-être d’excellents fruits ; je serai peut-être un engrais superbe, un guano supérieur.

Lorsque Flaubert écrit ses lignes à Louise Colet, à 25 ans, faisant référence à sa visite des abbayes de Jumièges et St Wandrille, la physionomie des cimetières étaient encore en évolution : la doctrine hygiéniste les a sorti des centre-villes au début du siècle, ils ont été ouverts au public, des monuments funéraires sont apparus... la notion d'allées de circulation et de carrés date d'ailleurs de 1843. Après avoir connu un aspect très rigide et froid, on laisse désormais de plus en plus la nature reprendre ses droits, retrouvant quelque part la vision de Flaubert, jusqu'à aller vers la notion de parc.


L'idée est donc ici de travailler sur le carré M2, où a été enterré Flaubert, et de mettre en illustration ce qui est dit ci-dessus.

Petite hésitation sur le choix de la couleur ou du noir et blanc (qui pourrait conduire à une prise de vue en argentique...)